On entend beaucoup parler de bâtiments "intelligents", mais sur le terrain, c'est souvent une autre histoire. Le secteur immobilier se retrouve face à une véritable Tour de Babel technologique : des chauffages qui datent d'une autre époque, des ascenseurs verrouillés, des badges propriétaires et des capteurs IoT dernier cri. Le souci ? Rien ne communique avec rien.
Dans notre série "Pépite Tech", on part à la découverte des solutions qui s'attaquent aux fondations techniques des industries. Aujourd'hui, focus sur SpinalCom, portée par ses co-fondateurs Jérémie Bellec et Sébastien Coulon. L'entreprise réalise une belle démonstration de Software & Product Engineering appliqué à l'immobilier pour propulser l'immotique traditionnelle vers le smart building 4.0.
Le défi du "Building Operating System" (BOS)
L'intelligence d'un bâtiment ne se mesure pas au nombre de capteurs installés, mais à sa capacité à unifier ses données. Jusqu'à présent, chaque corps de métier (énergie, sécurité, maintenance) fonctionnait en silo, rendant toute optimisation globale impossible.
SpinalCom ne s'est pas contenté de créer une solution de plus. L'entreprise a développé ce que l'on appelle un BOS (Building Operating System). C'est la couche logicielle intermédiaire qui vient se glisser entre les équipements physiques et les services numériques pour créer un langage commun.
Pourquoi c’est une Pépite Tech à suivre ?
1. L’interopérabilité massive (IT vs OT)
Le vrai défi pour SpinalCom, c'était de réconcilier deux mondes que tout oppose : l'IT (informatique classique) et l'OT (systèmes industriels et de terrain). Leur plateforme arrive à digérer des protocoles disparates pour les traduire dans un modèle de données unique. C'est cette base technique qui rend le bâtiment enfin pilotable.
2. Le jumeau numérique comme organisme vivant
Contrairement aux maquettes 3D classiques qui restent des photos figées, le jumeau numérique de SpinalCom est alimenté en temps réel. Si une sonde détecte une anomalie au 4ème étage, la réplique numérique réagit instantanément. Maintenir cette synchronisation parfaite entre le physique et le digital, c'est un vrai tour de force en gestion de flux de données.
3. Une approche plateforme qui a du sens
En centralisant la donnée, SpinalCom permet à tout un écosystème d'applications tierces de se brancher sur le bâtiment. Les résultats parlent d'eux-mêmes : jusqu'à 30% d'économies d'énergie constatées. Le bâtiment n'est plus un coût fixe, il devient une plateforme optimisable en continu.
À la loupe : le traducteur universel du bâtiment
SpinalCom réussit un sacré pari : rendre compréhensible toute la complexité technique d’un bâtiment moderne en centralisant toutes les données au sein d'un cockpit à 360° évolutif et souverain. Là où le secteur empilait des logiciels sans vraiment les faire dialoguer, ils ont imposé une vraie logique "système". Résultat : le jumeau numérique ne se contente plus d’afficher le bâtiment, il permet de le piloter.
Leur force, c’est d’avoir réussi à concilier le temps long de l’immobilier avec le temps réel du numérique. En construisant cette base d’interopérabilité, ils libèrent le gestionnaire des protocoles fermés qui le bloquaient. Fini le bâtiment en silos, place à un actif immobilier qui peut évoluer, s’optimiser, et enfin réduire son empreinte environnementale de façon concrète et mesurable.
Fiche d'identité de la pépite
- Nom : SpinalCom
- CEO : Jérémie Bellec
- Secteur : PropTech / Smart Building
- Pourquoi on l'aime : Pour leur vision "plateforme" qui transforme le bâtiment en un système d'exploitation ouvert, capable de réduire massivement l'empreinte carbone grâce à la donnée.
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Sources
- European Tech Map 2026 - Référencé sur l’annuaire des alternatives technologiques européennes
- Market Research and News - Identifié dans l’étude internationale Occupancy Monitoring Solution Market Size, Share & Forecast 2026–2033
La Pépite Tech du lundi, par Xavier Lenould
Le 6 avril 2026




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